Bergerie expérimentale à Carmejane



La bergerie expérimentale de Carmejane

Entretien avec François DEMARQUET, directeur de l'exploitation

 

- François DEMARQUET : L'exploitation à Carmejane, c'est comme dans tous les EPL... Ici, la particularité c'est l'accent mis sur la mission d'expérimentation, sur son développement et sa relation avec la profession agricole. Et c'est la composante ferme expérimentale. Il y a des conventions avec l'Institut de l'élevage, et des partenariats constants avec d'autres organismes de la filière ovine.

- Didier ROUSSELLE : Qu'apportez-vous dans le cadre de ce multiple partenariat ?

- François DEMARQUET : Ce sur quoi on travaille et ce qui intéresse nos partenaires, en termes de produits, ce sont des innovations et des améliorations qu'on peut tester, d'abord, et proposer, ensuite, au niveau des systèmes d'élevage locaux. Ces innovations et ces améliorations portent aussi bien sur l'alimentation des animaux, sur les performances, sur la relation à l'environnement, sur la qualité des produits, sur la qualité des agneaux, comme sur les  différents modes de conduite...

- D.R : Est-ce que tout cela fait "bon ménage" avec la pédagogie ?

- François DEMARQUET : Il peut y avoir quelques difficultés mais c'est finalement assez rare.  Finalement, ça nous permet de faire participer les  élèves aussi à l'expérimentation et à les associer à la recherche d'innovations, à la démarche d'acquisitions de nouvelles connaissances, à des démarches scientifiques, au travers des
allotements, des pesées et d'un certain nombre d'interventions un peu nouvelles... En BTS, par exemple, ils réutilisent des résultats à titre pédagogique, pour faire des traitements statistiques, en plus des aspects, obtention de références, vie de l'élevage, etc. Tout cela enrichit l'approche du métier de technicien qu'ils seront amenés à assurer.

- D.R : La bergerie que nous visitons est de construction relativement récente ?

- François DEMARQUET : Cette bergerie a deux ans. Sa conception et sa construction, aussi, procédèrent d'une démarche expérimentale. De plus, ce bâtiment a été conçu en relation étroite avec des partenaires professionnels de la filière. La commande était : "Est-ce qu'on peut faire un bâtiment de grande largeur, modulable à l'intérieur, avec des aménagements évolutifs et avec des équipements démonstratifs visant à réduire la pénibilité du travail et à renforcer son efficacité ?" De plus, un bâtiment "grande largeur" ça veut dire volume important avec nécessité de maîtrise des conditions d'ambiance (intérieure) très importantes en élevage.

- D.R : L'utilisation du bois n'est pas anodine ?

- François DEMARQUET : Le bois présente à la fois, un intérêt technique (c'est un matériau qui ne se corrode pas) qui - contre toute attente - résiste mieux aux incendies que le fer et qui offre une qualité architecturale et une intégration paysagère remarquables.

- D.R : Qui sont les pensionnaires de cette bergerie exceptionnelle ?

- François DEMARQUET : Nous y accueillons 600 brebis de race Préalpes du Sud, intégrées dans le schéma de sélection et d'amélioration génétique de la race. On appelait ça l'UPRA (Unité de Promotion de la RAce) et maintenant on les appelle les organismes de sélection. Il faut noter que les petits ne sont pas comptabilisés puisqu'ils sont vendus entre 3 et 5 mois. Ceux-ci n'ont que trois semaines. La période de "mise bas" vient de se terminer. Mais un des enjeux de la filière ovine de la zone sud-est c'est que nos 600 brebis se répartissent sur 4 périodes de mise bas par an, afin de permettre une production constante tout au long de l'année.

- D.R : Vos animaux sont destinés à la production de viande ?

- François DEMARQUET : Oui, Carmejane est axée sur une production de viande, dans le cadre d'un signe de qualité qui a un label rouge et d'une indication géographique protégée (IGP) : C'est l'Agneau de Sisteron Label Rouge (Sisteron est à une trentaine de kms d'ici). Le label rouge c'est une qualité organoleptique supérieure qui est vérifiée tous les ans. Une garantie de provenance (c'est pas une AOC mais quasiment) qui est basée sur des races locales, sur des techniques d'alimentation ; on va dire, spécifiques du sud-est. En gros, sur la composante pastorale (obligatoire et inscrite dans le cahier des charges de l'IGP)

- D.R : Quelles sont vos préoccupations ordinaires, quotidiennes ?

- François DEMARQUET : On travaille sur la productivité de l'élevage, sur la fertilité des brebis, sur la performance de croissance des agneaux qui se fait par la production laitière des mères, mais aussi par le type génétique des agneaux et on utilise des croisements, notamment, avec des béliers de races à viande... On travaille aussi sur la prévention des maladies. Quand c'est possible, on teste des produits plutôt naturels à base d'huiles essentielles. On est sur l'innovation qui va rentrer dans les moeurs maintenant : on teste depuis 5 ans des boucles électroniques pour les agneaux. Là tous les agneaux ont des boucles électroniques à l'intérieur de l'oreille...
Il y a trois salariés permanents ici, qui  s'occupent de la partie production, du quotidien de l'élevage mais qui s'occupent aussi de tous les enregistrements et suivis expérimentaux et d'une partie des dépouillements et de la diffusion des résultats et pour partie de l'encadrement des élèves à certains moments...
L'été on pratique l'estive, à la fois parce que le troupeau a augmenté, et principalement en raison des sécheresses répétées. Auparavant, l'été, le troupeau stationnait  dans ces surfaces (il pointe les environs) qui vont jusqu'à 14 kms de la ferme. L'exploitation, en chiffres, c'est 54 hectares cultivables. On utilise, en plus, 500 hectares de surfaces pastorales de parcours, on va en estive et on est dans notre logique... On cherche à être autonomes, donc on cultive ici les fourrages qui nous sont nécessaires pour l'alimentation du troupeau pendant l'hiver, pour les brebis et pour les agneaux. Et puis, on cultive les céréales et depuis un certain temps, les protéagineux ; donc les sources de matière azotée qui sont aussi nécessaires à l'alimentation des animaux.  Notre survie dépend de la complémentarité entre des parties cultivables qu'on a là et qui sont modérément intensifiées. On ne met pas énormément d'azote. Il y a 25 hectares qui sont là, dans le prolongement, une autre partie à 5 kms et une troisième petite partie à une quinzaine de kms...
En fait, on cherche à acheter le moins possible d'aliments du bétail, à la fois dans une logique économique et aussi dans une logique de tracabilité et de qualité sanitaire.

- D.R : Comment intégrez-vous les élèves à la Bergerie ?

- François DEMARQUET : On a des élèves du lycée toutes les semaines, encadrés par les enseignants et une autre formule de mini stage, où ils passent de trois jours à une semaine, notamment autour des mises bas, mais en dehors aussi... Pour vivre le quotidien de l'élevage on les implique sur des chantiers différents qui font partie des savoir faire et de la gestuelle qu'ils doivent apprendre...



- D.R : Vos agneaux sont typiquement des "agneaux de Sisteron" ?   

(cf. photo de droite)

- François DEMARQUET : Tout à fait, oui. Ils ne sont pas tous prêts encore. Mais c'est à peu près ça. Au moment où on les vend, ce sont des agneaux qui font, vifs, aux alentours de 38, 39 kilos pour les mâles. Les femelles font 32, 33 kg. Une fois abattus, les agneaux donnent des poids de carcasse d'un maximum de 19 kilos, pour rentrer dans le cahier des charges du Label Rouge "Agneau de Sisteron".

- D.R : D'où vient leur réputation ?

- François DEMARQUET : C'est un tout, ce sont des modes d'élevage, ce sont des agneaux relativement jeunes qui "ne sentent pas le mouton", qui, du coup sont très tendres. Et puis il y a les qualités intrinsèques des races éligibles (préalpes, mérinos et mourerous) qui les fournissent et qui donnent un certain type de grain à la viande...




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