Ils et elles font l'Enseignement Agricole : Isabelle



Isabelle, professeur de savoir-vivre & d'éducation socioculturelle


(Isabelle SANCHEZ - photo Didier ROUSSELLE)

Mieux vaut ne pas attendre Isabelle sur le terrain des conventions, il est fort probable qu’elle n’y viendrait pas. En revanche, elle sait très bien venir à notre rencontre, de son propre chef, avec une infinie douceur. Le regard clair d’Isabelle semble constamment ébloui de nouveauté et de révélations.

Isabelle SANCHEZ est professeur d’éducation socioculturelle au Lycée Agricole et Horticole d’Hyères, mais il est évident qu’elle y enseigne d’abord le savoir-vivre (option : épanouissement personnel). Pour Isabelle, l’Andalouse, la découverte de l’autre est un besoin impérieux : « Moi ce qui m’a vraiment botté dans ce métier, c’est le côté « savoir- vivre »... C’est cette envie de partager une manière d’être avec des gens, tout en faisant passer la passion pour une discipline artistique, tout en éduquant les jeunes à un nouveau regard sur les choses et les gens. Dans ce souci du « savoir être », j’insiste beaucoup sur la citoyenneté, le respect de l’autre… Ce sont des mots, je sais, mais l’important c’est, comment les appliquer ? Comment créer des situations pour que l’élève soit vraiment acteur de ça ? »

Nous engageons la conversation dans l’ambiance bon enfant d’un petit marché de bord de mer, quartier de l’Ayguade, à Hyères-les-Palmiers. Isabelle sait la magie des lieux, elle qui a préparé une maîtrise en Histoire de l’Art, au musée national d’anthropologie de Mexico City. « Quand je serai grande, je serai actrice et chanteuse ! », promettait, dès l’âge de dix ans, la fille cadette d’une famille de réfugiés espagnols : « Ils sont arrivés en France dans les années 40. Mes sœurs sont nées en Espagne et, dans la famille, on a toujours parlé espagnol. Pendant des années et des années, j’ai entendu, on va repartir, on va repartir... J’ai vécu à Pertuis dans le Vaucluse, mais dans une ambiance espagnole, avec plein d’espagnols à la maison… J’espère pouvoir parler au moins deux langues, avec mes enfants… »

Obtenu en 1991, le bac littéraire A3 (langues et option artistique) lui paraît bien lointain ; comme les études en « médiation culturelle », à l’université d’Aix-en-Provence. Étudiante, la jeune femme ne pouvait se satisfaire des seules approches théoriques. Elle pratiquera le théâtre et la danse, avec une égale assiduité. Si, aujourd’hui, l’art dramatique demeure sa « dominante », en tant que professeur d’ESC, c’est le chant, le jazz, l’art thérapie et l’étude des langues, comme le tibétain, qui embrasent désormais Isabelle jusqu’aux derniers arpents de sa vie personnelle.

Isabelle SANCHEZ a connu sa première expérience professionnelle à Marseille :« Après 1997, j’ai tenté de faire de la médiation culturelle dans un quartier que j’adore, le Panier. Je travaillais sur la poésie contemporaine avec mission de tisser des liens entre le public qui écoute du rap, mais qui n’entre pas dans le Centre International de Poésie Marseille (CIPM), les artistes de rue et les artistes reconnus par les institutions… J’ai pris la claque de ma vie… » Isabelle, l’impatiente, décide donc de renoncer à « faire le tampon » entre des artistes, des institutions et des publics qui ne tiennent pas vraiment à se rencontrer. Elle découvre alors le métier de l’éducation socioculturelle et y voit la possibilité de poursuivre son travail de médiatrice, dans un cadre apte à légitimer un peu mieux son propos éducateur. Isabelle s’engage alors en ESC avec l’enthousiasme dont elle est capable : « Je me régale à travailler avec des collègues de disciplines différentes. Les élèves sont en face de plusieurs personnalités qui vont leur faire porter des outils différents… Par exemple, l’option EATC (Ecologie, Agronomie, Territoires, Citoyenneté), c’est génial ; ça permet à plein de gens de travailler ensemble et avec 4 heures par semaine, tu fais vraiment du bon boulot. Moi c’est comme ça que je vois l’enseignement agricole, sans saucissonnage, avec une transversalité de disciplines vraiment exploitable. ».

À trente trois ans, Isabelle tient aussi le rôle de sa vie et elle entend bien le savourer : « Le bébé m’apprend déjà à prendre le temps. J’étais un peu « zébulon », un peu dans tous les sens et là maintenant, ça me pose… Le corps est un bon enseignant, quoi.» Sur fond de jazz, de théâtre et d’orangers, le temps qui file à l’Ayguade comme au lycée, apportera encore longtemps à Isabelle, son content de désirs et de curiosité.


Texte et photo : Didier ROUSSELLE (DRAAF-SRFE-CRIPT PACA)




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