L'Enseignement Agricole au Liban



L'Enseignement Agricole au Liban

May Mezher, Chef de département de l’enseignement et de la formation au Ministère de l’Agriculture du Liban

L’éducation est un droit fondamentale au Liban, elle est considéré comme un investissement à long terme pour les parents (ils sont prêts à payer des études dans des établissements privés pouvant les endetter parfois). Mais le secteur agricole ne présente pas beaucoup d’attrait pour les jeunes à cause de l’absence d’une stratégie  nationale de l’enseignement  agricole.

1-      Les politiques éducatives et de formations professionnelles ou supérieures agricoles du Liban

Les systèmes d’éducation et de formation agricoles 

Formation initiale et formation continue

Les systèmes d’éducation et de formation agricoles au Liban touchent 2 niveaux :

Le niveau universitaire et le niveau technique.

  • Le niveau universitaire est assuré par 5 facultés d’agronomie (une publique sous la tutelle du ministère de l’enseignement supérieure et quatre  privées indépendantes), ce type d’enseignement assure de formations dispensées selon des programmes définis propre à chaque établissement, sans qu’il y ait des référentiels nationaux répondant à un objectif dicté par une stratégie nationale propre à l’enseignement agricole.

Ces formations organisées en cycle (5 années après le baccalauréat) seront sanctionnés par des diplômes d’ingénieur agronome dans plusieurs disciplines),  et qui peuvent être prolongées  jusqu'à l’obtention d’une maîtrise ou d’un doctorat.

  • Le niveau technique est assuré en majorité par l’enseignement public (8 lycées sous la tutelle  du ministère de l’agriculture libanais et 1 privé sous la tutelle des professionnels de L’agroalimentaire). Les lycées  publics assurent des formations organisés et dispensés selon des programmes et référentiels nationaux mis en place par le ministère de l’agriculture (direction des études et de coordination, service de l’enseignement et de la vulgarisation département de l’enseignement et de la formation). Ce type d’études étalées sur 3 années après le brevet permet l’obtention d’un baccalauréat technique en agriculture équivalent au baccalauréat du même niveau de l’enseignement général.

La formation continue est sous la tutelle du ministère de l’agriculture le département de l’enseignement et de formation, elle touche les enseignants dans les lycées techniques agricoles.

L’adaptation des dispositifs d’éducation et de formation agricoles aux évolutions de l’agriculture et aux besoins de la profession

Peu d’efforts ont été déployés jusqu'à présent pour faire paraître des programmes modernes et développés  répondant  à la demande du marché  de travail.  Les spécialités offertes par les lycées techniques agricoles (production animale, production végétales et paysagisme) sont loin  de satisfaire les exigences du secteur et de la profession (il faut noter que ces exigences ne sont pas bien définies).

Mais le ministère de l’agriculture est bien conscient de la nécessité de rechercher une adéquation enseignement / formation et emploi, il est actuellement entrain  de réfléchir et de mettre en place une stratégie de l’enseignement  agricole incluant la valorisation des ressources humaines, la modernisation des méthodes pédagogiques et peut être  l’adoption d’une stratégie  de spécialisation  par zone géographique.

Les apports des actions de coopérations dans l’évolution des dispositifs de formation

Peu de projets de coopération  ont touché le secteur de l’enseignement technique agricole,  il  n’a été inclus dans aucun projet de coopération étranger avec les  ONGs ou avec des agences des nations unis.

 (Excepté  pour la création du lycée  technique agricole privé qui a été le fruit de coopération entre les professionnels du secteur  agroalimentaire et l’Union Européenne).

Les appuis et ressources humaines externes issus des ONGs, centres de recherche agricoles, municipalités, chambres de commerce et de l’agriculture sont ponctuels et ne touchent qu’un secteur (comme c’était le cas  pour le projet de coopération entre la chambre de commerce de Zahlé dans la Bekaa et L’EU sur le secteur vin et arbres fruitiers).

Les institutions intervenantes dans la formation agricole (tutelle, partage de compétences)

L’enseignement agricole est assuré au niveau des universités par des institutions privées indépendamment du secteur public et sans intervention du ministère concerné qui est le ministère de l’enseignement supérieur sauf pour les équivalences des diplômes d’ingénieurs. Pour l’enseignement technique agricole il est à peu près à 90% sous la tutelle du ministère de l’agriculture libanais.

Peu de partage de compétences est noté entre les institutions eux-mêmes  ni  avec  les instituts de recherche agronomique (IRAL) ou  avec le conseil national de la recherche scientifique(CNRS)

Le rôle de l’implication de la profession dans la formation agricole

Les acteurs de La profession agricoles sont en gros les marchands des intrants, les pépiniéristes, les industriels de l’agroalimentaire, les producteurs de vin,  et les exploitants agricoles ( qui sont caractérisés par une grande diversité et disparité  à majorité  d’exploitations de 1 ha  et d’une minorité d’exploitations de plus de 5 ha)

A l’heure actuelle le mécanisme de partenariat entre  l’enseignement technique agricole   et  les professionnels de l’agriculture est pratiquement inexistant.

Les exigences du marché de travail en mains d’œuvres qualifiés ne sont pas bien définies. Les étudiants en agriculture sont formés selon le cursus des établissements auxquels ils sont registrés, les spécialités  ne sont pas définies selon la demande du marché de travail ou bien en concertation avec la profession, l’implication de la profession est minime pour ne pas dire inexistante  (sauf pour le cas du lycée technique privé spécialisé en agro alimentaire).

Il faut noter que le plus grand employeur dans le secteur agricole est le ministère de l’agriculture qui a embauché ces deux dernières années plus de 200 travailleurs (ingénieurs et techniciens agricoles).

Prenant en considération  le peu de coordination entre la profession et la formation, le ministère de l’agriculture , dans sa nouvelles stratégie pour l’enseignement agricole (en cour de révision et de préparation), mettra en place un type de formation opérationnel selon un rythme adapté et connecté au milieu rural et à la profession leur permettant d’acquérir des compétences spécifiques afin de bien maitriser la gestion et les techniques (responsable paysan, gérance d’une exploitation agricole, irrigation, taille, agroalimentaire, vin….)

La démarche d’ingénierie des dispositifs de formation

Le département de l’enseignement est conscient de l’importance de l’étude du marché de travail  permettant d’être au courant des demandes du milieu professionnel pour mettre en place des dispositifs de formation des techniciens.

Une coopération étroite devrait être crée  entre les acteurs agricole, les professionnels du secteur agricole et le département de l’enseignement pour que ensembles ils puissent contribuer à moderniser  et renforcer les compétences suivant des lignes directives communes, répondant  à leur demande et respectant la nouvelle stratégie agricole

Principales actions de coopération internationale : pays concernés, intitulé, partenariat

En ce qui concerne  l’enseignement technique public  agricole une seule action de coopération a vu le jour permettant le jumelage entre deux  lycées  technics libanais et le LEGTA de Gap

2-      L’amélioration des dispositifs et standards de formation pour une meilleur insertion professionnelle et employabilité des jeunes et un développent de l’entreprenariat

Avant d’aborder l’aspect formation et insertion des jeunes il est utile de définir le profil des concernés (étudiants) et leur regard  envers l’agriculture

Au Liban le travail agricole est surtout effectué par des travailleurs saisonniers syriens, peu de fils ou de fille d’agriculteurs retournent travailler dans l’exploitation familiale au terme de leur études. L’image de l’enseignement technique agricole est très dépréciatrice, il est considéré comme un enseignement du second  degré  et n’est fréquenté que par des élèves qui ont échoués dans l’enseignement académique générale ou par les élèves qui ont des niveaux d’acquis les plus bas (sauf exception). Ainsi  il est urgent de développer le respect du travail agricole pour changer les mentalités et les préjugés et attirer des jeunes enthousiastes qui travailleront dans un esprit de modernisation du secteur agricole.

L’état des lieus de l’insertion professionnelle et de l’employabilité des jeunes issus de la formation agricoles et les besoins de terroir en matière d’emploi

 Le marché de travail en général au Liban offre 30 000 emploies par an, la stratégie du ministère  de l’agriculture veut que le secteur agricole soit demandeur de la moitié ou le tiers de ces offres.

Depuis les années 90 date de la fin de la guerre civile, le nombre de jeunes fréquentant les lycées agricoles n’a cessé de régresser (parfois jusqu'à arriver à un élève par classe) ce phénomène est dû à une demande en main d’œuvre peu spécialisée (des travailleurs non formés et sous payés assurent le travail demandé).

Depuis deux ans et après plusieurs actions prises par le ministère de l’agriculture au niveau législatif et au niveau de l’embauche au sein  de ces établissements, ce chiffre s’est trouvé en hausse (comme La sortie de loi exigeant l’acquisition d’un diplôme de technicien comme condition à l’ouverture des magasins de vente des  produits et intrants agricoles, La future sortie de  la loi sur le travail des pépinières) 

Ajoutant à cela la crise économique qui a causé le rapatriement de beaucoup de libanais résidants dans les pays du golf, et leur retour dans leurs villages et qui ont investi dans des projets agricoles exigeants des ressources humaines compétentes et disponibles

La modernisation des techniques agricoles exigeants une main d’œuvre compétente (secteur de l’irrigation, machinisme, …..)

Les appuis issus des ONGs,  les agences de L’UN, L’EU et des bailleurs de fond après la guerre de 2006 et qui ont permis l’émergence de groupement agricoles et des coopératives demandeurs de main d’œuvre qualifiée.

L’Adéquation entre l’offre de formation et l’emploi

Actuellement il n’existe pas de système de formation qui prépare aux métiers particuliers de cadres et de techniciens dans des domaines demandeurs (responsable opérationnel d’une structure coopérative, d’une industrie de transformation ou d’une exploitation agricole conçue comme une entreprise nécessitant  gestion et management, etc…….)

Le temps consacré aux travaux de terrain (le quart de l’emploi du temps du cursus de l’enseignement technique) et les stages d’été obligatoires n’ont pas permis l’acquisition de ces compétences.

Pourtant le ministère de l’agriculture est conscient de la mobilisation de l’appareil de l’enseignement pour répondre le plus tôt possible à l’évolution rapide des innovations techniques  culturales et commerciales et les fournir aux agriculteurs et aux professions périphériques  (coopératives, regroupement agricoles, regroupement professionnels) qui seront ainsi en situation de réelle  compétitives  sur l’ensemble des marchés.

Les dispositifs d’appuis à l’insertion et à l’installation des jeunes et le développement des opportunités de stages et d’emploi  professionnalisant

Les visites de terrain et les stages d’été obligatoires dans des établissements agricoles  lors des 3 années d’études techniques constituent les premiers contacts des jeunes avec le monde du travail. Dans beaucoup de cas le lieu où l’étudiant a effectué son stage devient son futur lieu de travail, surtout s’il a prouvé ses compétences. Mais le choix des établissements est lié au choix de l’étudiant lui-même sans qu’il y  ait  intervention de la direction du lycée.

Ainsi il s’avère nécessaire  de faire des contacts avec les professionnels du secteur agricole afin de les insérer en premier temps dans un contexte de stages et de formations pratiques ce qui va mener à un embauche pou l’étudiant admis chez eux .

Pourtant ces dispositifs devraient être prises dans un cadre défini, et non laissés à des connaissances personnel comme c’est les cas, issu d’une concertation entre les différents acteurs afin d’établir des relations fonctionnelles de gagnant gagnant permettant l’insertion des jeunes dans des emplois adéquats.

Il sera intéressant de développer des stages et des visites de terrain en ateliers technologiques sur les exploitations ce qui pourrait assurer l’adaptation de la formation à la réalité

L’utilisation par les formations professionnelles des résultats de la recherche appliquée et des bonnes pratiques professionnelles compatibles avec le développent durable

Malheureusement la recherche appliquée n’est pas impliquée dans le processus de l’enseignement, ni dans la vulgarisation d’ailleurs, et les résultats obtenus s’arrêtent à la porte des centres de recherche.

Les paysans et les professionnels disposent de peu de possibilités pour accroître leur compétences et ils sont livrés à leurs propres moyens pour rechercher les nouveautés  dans le domaine agricole, Ils ne sont pas au courant des résultats de la recherche appliquée.

Pourtant le département  de l’enseignement devra transformer la formation professionnelle en formation permanente, les établissements publics d’enseignement pourront délivrer cette formation professionnelle et constituer un lien entre la recherche et les professionnels.

Dans cette perspective, la recherche et l’enseignement doivent constituer de façon structurée des pôles reliés pour mettre les savoirs en commun au service du professionnel agricole de demain.

Les méthodes ou dispositifs existants concernant l’orientation professionnelle des jeunes

Au Liban il n y a pas de dispositifs nationaux concernant  l’orientation professionnelle des jeunes, puisque l’enseignement  secondaire et universitaire  dans leur majorité détenu par le secteur privé.

Chaque établissement est libre de prendre des mesures propres à lui pour orienter ces diplômés (organisation des journées ouvertes aux professionnels dans leurs établissements). Pourtant même si elles sont adoptées, ces actions restent ponctuelles et ne constituent pas une solution aux problèmes de chômage dans le secteur agricole.

Le choix de sa profession reste au Liban un choix personnel, guidé par les préférences personnelles de chaque étudiant, ce qui a pour conséquence des taux de chaumage élevés dans certains secteurs et la rareté d’une main d’œuvre spécialisée dans d’autres (machinisme agricole….)

Il est urgent de mettre au point un dispositif d’orientation des jeunes  guidé par la demande de la profession et impliquant étroitement les entreprises (par le biais de forums annuels entre étudiants et professionnels)

Les réseaux d’échange par internet devraient être mis à la disposition des professionnels et des étudiants  pour créer des liens communs.

La définition des modules conjoint de formation innovant sur les grands enjeux de l’agriculture méditerranéenne pour  favoriser  l’employabilité des jeunes

Le développent d’une offre de formation mieux adaptée aux besoins réels du secteur productif au Liban s’avère une priorité

La création de formations nouvelles touchant les produits de terroir communs et propres à la méditerranée (Huile d’olive, savon de Marseille, miel, fromage….) ces formations devraient toucher les échanges de connaissances et des méthodes propres à chaque pays et en même temps répondre aux normes des marchés internationaux (Qualité, présentation)

L’agritourisme doit être crée comme un module à part entier dans l’enseignement technique agricole incluant la gestion des projets d’agritourisme, le savoir faire dans la réception des visiteurs, des notions de cuisine méditerranéenne et produits locaux.

La définition de formations conjointes de formateurs liées à l’entreprenariat et aux enjeux environnementaux et la promotion de l’esprit de l’entreprise

La population libanaise est connue pour son esprit commercial et son entreprenariat mais ce don n’est pas mis dans un contexte de formation.

Il est intéressant de définir une formation conjointe de formateurs sur la création et la gestion des petites et moyennes entreprises.

La palette variée de produits et de services offerts par ce genre de formation offre un lieu propice à la création  d’emploies pour les individus, les familles et les collectivités dans le secteur agricole.

Les petites et moyennes entreprises spécialisées dans les «  métiers verts »dans différents secteurs doivent constituer un thème ou un module de formation pour les formateurs dans l’enseignement agricole.

Ces formations doivent porter  sur les méthodes de la création de PME (petite et moyenne entreprise) agricoles, sur la gestion de cette entreprise, comment améliorer la compétitivité (en favorisant les liens interentreprises entre les sociétés multinationales et les PME méditerranéennes).

Les formations à l’entreprenariat doivent inclure des formations sur l’élaboration de plan stratégique de moyen terme et d’un plan d’activité annuel afin de développer et de moderniser l’entreprise.




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