Les métiers de l'élevage

Tour d'Horizon en Région PACA


Des échos de la journée bovine régionale...


La Ferme de l'Escaillon, un modèle exceptionnel...

Jean-Michel MAZET, conseiller technique régional élevage.
Le conseiller technique régional, Jean-Michel MAZET situe cette "journée bovine" au sein des actions "élevage" régionales :

"On organise ce genre de journée sous l'égide de la Maison Régionale de l'Élevage, puisque la MRE fédère l'ensemble des actions d'élevage au niveau régional... Normalement, les journées sur les filières, c'est tous les ans : Une journée bovine, une journée ovine, une journée équine, une journée porcine… L'objectif étant d'essayer de traiter d'un sujet qui intéresse les éleveurs de la région plutôt sur des approches autour de la vente directe, autour de l'économie de l'exploitation parce que ce sont des choses qui aujourd'hui sont extrêmement importantes. Il nous est arrivé aussi de traiter de sujets beaucoup plus technique..."

Qui est concerné ?

Pragmatique, Jean-Michel MAZET fait déjà le compte des gens "touchés"
"Aujourd'hui, il y avait 35 éleveurs et une quinzaine de représentants d'organismes divers, d'administrations, etc… On profite aussi de cette journée pour enfoncer le clou de la formation. De toutes façons c'est une source de dynamique supplémentaire."

La crise du lait et ses impacts

"La crise du lait, on en sort ; le prix du lait a quand même sacrément remonté. On était descendu à 230, 240 euros la tonne en 2009, là on est remontés à 320, 330. On est plutôt en stagnation et on aura peut être 310 l'année prochaine ?!… De toute façon c'est un minimum au-dessous duquel il ne faut pas descendre, quand on est en système traditionnel production laitière vendant à une entreprise." Jean-Michel MAZET est en lien quasi permanent avec les éleveurs. Il connaît bien leurs contraintes. La production laitière est une préoccupation récurrente. Elle conditionne le "métier"...

Un révélateur pour la situation de l'élevage en Provence-Alpes-Côte d'Azur en 2012...

Bien qu'il soit conscient que le "métier" intéresse encore, Jean-Michel MAZET déplore l'accroissement des incertitudes et des contraintes. Paradoxalement, des dynamiques nouvelles apparaissent "Quand on essaye de se développer sur des régions à densité laitière faible comme dans les Alpes Maritimes."

"La crise du lait a un peu modifié le paysage dans le sens où - déjà sur les projets d'installation - ça joue de manière négative, parce que le métier de producteur de lait est contraignant : la traite c'est matin et soir, 365 jours par an... C'est pas évident. Donc quand on a, en plus, l'ISA, un prix du lait qui est faible et surtout des aléas importants… Comment peut-on faire des projets de développement d'exploitation quand on ne sait pas si le prix du lait va être à 250 ou à 350 euros la tonne ?" 

Le piège des modèles classiques

La production laitière traditionnelle - dont l'essentiel du lait part dans l'industrie classique - est plutôt située sur les Hautes-Alpes et sur la vallée de l'Ubaye... "On est sur une région où les principaux acheteurs sont SODIAL, la plus grande coopérative française et LACTALIS, le plus gros "privé" européen." précise Jean-Michel MAZET. Pour lui, le prix du lait payé par ces entreprises est le même en Provence, en Pays de Loire ou en Bretagne..."Donc c'est du lait banalisé sur lequel on ne peut pas se battre. Il y a un peu d'espoir à entretenir sur une dynamique régionale ou plutôt sur deux dynamiques régionales... On a quand même quelques petites entreprises qui transforment du lait et qui prennent un peu d'ampleur… Je pense à la Coopérative de l'Ubaye ou à la Fromagerie de la Durance… qui sont des entreprises qui rémunèrent plutôt autour de 360 à 420 euros les mille litres. On est quand même à 25% de plus que le  système traditionnel et avec des exigences qualité qui sont différentes, des exigences de système de production, en essayant d'éviter les productions à base d'ensilage, les concentrés qui viennent de l'extérieur et c'est un peu plus dynamisant pour les producteurs..."

Développer l'identification du produit

Pour Jean-Michel MAZET, l'objectif c'est le développement de ces entreprises atypiques, c'est aussi le développement des filières "avec une marge un peu spécifique et avec une identification produit."

Les pistes existent : "Sur la région on a une seule  AOC en fromage, c'est le Banon. En bovin il n'y a rien. Donc il faut essayer d'avoir au moins des IGP, des  produits avec un peu de typicité. Ça c'est un axe fort qui se dégage aujourd'hui et l'autre axe qui peut être un atout important pour la région c'est le bio, évidemment. On peut arriver à 100% bio. Mais ce n'est pas évident. Il faudra du temps."

La Ferme de l'Escaillon : un modèle particulier et exceptionnel

La famille VARONNE se distingue par son dynamisme, son sens de l'entreprise et son intérêt pour la diversification. Jean-Michel MAZET précise que, de surcroît, "Fabienne VARONNE est extrêmement impliquée dans les organismes régionaux (chambre d'agriculture, notamment), c'est quelqu'un de moteur. Bon nombre d'éleveurs se sont inscrits à la journée bovine aussi parce que c'était ici. Ce sont des gens très impliqués sur la région et qui vont acheter des animaux, des Abondance en provenance des Alpes, donc on savait que ça allait attirer du monde même si on est excentrés et qu'on a moins de monde que si on montait ailleurs…"

Qu'est-ce qui peut motiver un jeune éleveur ?

"L'argument principal il est simple et  élémentaire, c'est la passion du métier, la passion de l'élevage, c'est évident. Parce que de toutes façons on sait très bien qu'il y a des années de galère… De toutes façons on sait que l'orientation elle ne peut être qu'avec une valorisation locale du produit, c'est dans l'air du temps. Vente directe ou alors structurée à plusieurs. Tout le monde peut faire de la vente directe mais ça se structure à l'échelle régionale. Manger local, ça se développe de plus en plus. On a une attente forte de la restauration collective, donc il  faut y aller. On sait très bien que la contrainte liée à l'élevage, c 'est tout les jours et en plus en y ajoute les contraintes liées à la transformation et à la vente… C'est un métier où il y a des années de galère pour arriver à un équilibre financier.  Il  faut d'abord aimer ça, c'est la seule excuse… Mais c'est passionnant… Bien sur qu'il y a des années de galère, c'est évident, à cause des investissements, parce qu'il faut durer et se créer un créneau de commercialisation…"

L'évidence de la pluridisciplinarité

Nicolas, le fils aîné de la Ferme de l'Escaillon, vient juste de s'installer avec ses parents, au sein de la même EARL. Nanti d'une solide formation (BTS Sciences et Techniques des Aliments, spécialité industrie laitière et fromagère) il a fait le choix de la formation d'inséminateur...
Jean-Michel MAZET ne tarit pas d'éloges sur la constance et le goût d'entreprendre de la famille VARONNE : "Franchement, la licence d'inséminateur Nicolas n'avait pas besoin de la faire… Il fait l'insémination chez lui. Il a parfaitement le droit de la faire chez lui. Pourquoi a-t-il tenu à passer une licence ? Parce que derrière la licence il y a l'acquisition de compétences complémentaires qui vont lui servir, à lui, mais qui vont lui permettre d'essaimer à l'entour. C'est ça qui est intéressant."

Des agriculteurs aménageurs du territoire

"La région ne peut pas se priver d'aménageurs du territoire, pas plus que de producteurs. Il y a des gens qui occupent le territoire et qui l'entretiennent et qui sont indispensables, sinon c'est la catastrophe.  Et une catastrophe touristique entre autres... C'est une catastrophe par rapport aux feux de forêt, par rapport à des tas de choses. Après, l'acte de production quelque part il est presque secondaire, il doit faire vivre les exploitants. Pour le territoire, l'axe de production est secondaire.  Par rapport à ce que l'on consomme la faible part que l'on produit… En viande bovine on doit être entre 0 et 1% ; en viande ovine - qui est quand même une caractéristique importante - on est la deuxième région française en matière de population ovine, 650 000 brebis, c'est énorme. Il n'y a que des zones laitières du sud du Massif Central qui sont supérieurs à nous. Mais malgré ça on doit être à 8% de l'alimentation de la consommation…"

Le "manger local", un vrai créneau d'activités nouvelles

Pour Jean-Michel MAZET la production en circuits classiques, en lait de chèvre ou de vache, en fromage de chèvre et de vache, ou pour les ovins en vente directe, atteint à la saturation. En filière caprine (plus facile à cerner) l'équilibre entre l'offre et la demande ne permettrait pas l'installation de nombreuses exploitations supplémentaires. Il faut chercher ailleurs : "On a une population qui est de plus en plus sensible à la provenance des produits. Le circuit court se développe. Le "manger local" se développe. Derrière le grenelle de l'environnement il y a une attente très très forte de la restauration collective qui a du mal à s'approvisionner localement. Donc il y a un créneau fort à jouer. Si sur ces productions là, le système classique vente à la ferme ou marché, on était un peu à saturation, il y a d'autres créneaux qui se développent mais qu'on va devoir attaquer différemment. On ne va pas pouvoir les attaquer individuellement mais collectivement. Il faudra créer des plate-formes d'échanges qui vont mettre en relation, la restauration collective et un groupe de producteurs."

(propos recueillis par Didier ROUSSELLE, le 26 mars 2012)




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