Maroc : Formation Agricole et Rurale



La Formation Agricole et Rurale au Maroc

SAIDI Mohamed, Directeur de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural « COMADER » Octobre 2009


I-    Contexte général de la formation :

  1. 1. Formation professionnelle est considérée par la « CHARTE NATIONALE D’EDUCATION- FORMATION » comme composante institutionnelle qui fait du milieu de travail un espace privilégié pour l’acquisition des compétences à travers la formation alternée et l’apprentissage. 

La charte recommande aussi l’encouragement du secteur privé à promouvoir la formation professionnelle par des mesures d’ordre pédagogique, technique, et fiscal.

La création de l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) en 1974 a modifié la tendance vers un accroissement des effectifs des stagiaires.

La mise en place en 84/85 des niveaux « Qualification » et « Technicien », puis le niveau « Technicien Spécialisé » en 93/94 a rehaussé le niveau du dispositif.

Durant les 10 dernières années (1997 – 2007), l’effectif des stagiaires a plus que doublé passant de 124.000 à 261.000.

Pour augmenter l’offre de la formation privée, plusieurs encouragements financiers sont adoptés : la réduction des impôts sur revenus, exonération de la TVA sur les équipements, sur les intérêts des prêts et sur les prestations de service, mesures fiscales pour encourager les investissements, soutien à la formation des formateurs, reconnaissance des diplômes ect …

Aujourd’hui le secteur privé contribue à hauteur de 37% à la production des lauréats.

  1. 2. Formation agricole composée d’une cinquantaine d’établissements, forment les différents profils : ouvriers qualifiés, techniciens, techniciens spécialisés et bacheliers. Il a subit plusieurs réformes :  

¨  Une première réforme de 1984 visait le renforcement de la formation pratique.

¨  Introduction à partir de 1996 de la « FORMATION ALTERNEE » qui semblait communiquer mieux avec le milieu professionnel;  

¨  En 1998, l’Etat a introduit le mode de « Formation par apprentissage » qui assouplit les critères d’accès et l’adaptation aux contraintes des ruraux.

¨  A partir des années 2000, le Maroc introduit « L’approche par compétence » dans l’espoir de répondre mieux aux besoins du secteur et aux exigences des entreprises et des exploitations agricoles ;

     Le bilan est peu satisfaisant pour le monde rural, comme en témoignent ci-après les constats :

- D’après le recensement général de l’Agriculture de 1996 : 81% des exploitants agricoles sur 76%  da la SAU, ne disposent d’aucun niveau d’instruction.

- Le rapport des services du Plan : « En 2004, le taux d’analphabétisme rural s’élevait encore à 60,5% contre 13% à l’échelle nationale. Le retard est particulièrement grave pour les femmes rurales avec un taux de 75%.

- Le Constat de l’UNICEF sur le désiquilibre RURAL/URBAIN en 2007 : « Au Maroc, les enfants de 9 à 14 ans qui ne vont pas à l’école sont à 76% issus du milieu rural. La majorité sont des filles.

II-  Principales Contraintes

 1)  -  Poids de la démographie

Le taux actuel d’urbanisation ne permet pas de générer une diminution de la population rurale qui continue à accroitre. On ne peut pas parler d’une décroissance démographique du monde rural, et, à fortiori, d’un début de dépeuplement des campagnes. La consequence directe se constate par la pression qui s’exerce sur le foncier et par la forte demande d’emploi des tranches de population en âge d’activité.

2) - Inertie de l’agriculture 

La contribution de l’agriculture à la croissance est certaine, mais elle présente des signaux inquiétants de relentissement dans beaucoup de domaines :

  •  Une croissance de plus en plus irrégulière ;
  •  Une production peu valorisée et peu valorisante ;
  •  Un retard dans le développement social de la population rural (sous-emploi, analphabitisme ;
  •  Forte responsabilité de l’agriculture dans la dégradation des ressources naturelles  ;
  •  Difficulté de faire face aux besoins alimentaires de la population.

3) - Problématique de la formation

Considérée comme facteur de production, et non une fin en soi, la formation agricole ne peut à elle seule dynamiser l’exploitation agricole en absence d’autres facteurs qui rentrent en jeu : le foncier, l’eau, la mécanisation, le financement, la transformation etc… En d’autres termes un environnement propice à l’émergence d’activités productrices.

4)    Autres contraintes 

Malgré les avancées réalisées, il persiste encore des dysfonctionnements :  

  Faible implication des entreprises et des exploitations.

  Prédominance de la formation résidentielle.

  Faible articulation avec l’enseignement général.

  Limite de l’implication effective des organes de concertation institués aux niveaux national et régional et au niveau des établissements.

  Instabilité des organes de coordination : la F.P a été rattachée à plusieurs autorités gouvernementales.

  Problème de financement : limites du financement public.

III- Perspectives de la formation agricole et rurale :

L’option choisie par le Maroc dans sa nouvelle stratégie « Plan Maroc Vert » de considérer l’agriculture comme principal moteur de croissance et de lutte contre la pauvereté dans un contexte d’ouverture sur l’économie mondiale, nécessite l’entreprise d’actions tangibles pour lever les blocages et se mettre à niveau.

La formation agricole et rurale est identifiée, a juste titre, parmi les freins majeurs au développement de l’agriculture Marocaine.Toutefois, le dispositif de la formation professionnelle agricole devrait tenir compte des éléments indispensables à sa réussite, à savoir :

1)  Integration de la formation dans une stratégie globale de développement

 Pendant longtemps, le développement rural a été assimilé uniquement au développpement agricole, les incitations ont favorisé surtout les agriculteurs qui disposaient des facteurs de production consistants. Les petites agriculteurs (majorité) n’ont été que très peu touchés.

Aujourd’hui, s’impose une nouvelle stratégie de développement agricole intégrée, c’est une exigence pour lutter contre la pauvreté. Elle doit englober les activités agricoles, ainsi que la promotion des activités non agricoles.

Il s’agit de procurer en fin de compte des emplois stables aux ruraux. Ce qui va se traduire en dernier lieu par une divesification des metiers qui justifient la valorisation des programmes de formation agricole et rurale.

2)  La formation continue des adultes

L’analphabétisme demeure préoccupant, il touche principalement la population rurale (60%), les femmes rurales (75%) et particulierement les exploitants agricoles (81%).

L’impact de l’analphabitisation sur les exploitants agricoles est évident surtout que nous assistions à une véritable mutation vers une économie du savoir et une économie de l’information.

Idem pour les femmes rurales, qui en plus des activités agricoles et rurales, ont un rôle fondamental sur la santé et la scolarisation des enfants.

Les initiatives du gouvernement se succédent : programme de lutte contre l’analphabétisme, programme d’éducation non formelle et de lutte contre la déscolarisation , L’INDH (Initiative Nationale de Développement Humain) etc.. . Mais il faut aussi la contribution et la synergie de tous les acteurs potentiels, car il et pratiquement impossible de progresser et de se développer avec la fardeau d’analphabitisme existant.

3)  L’articulation avec l’éducation  de base

 L’enseignement de base en milieu rural n’a pas connu le même rythme que celui du monde Urbain et les déperditions scolaires sont importantes. Les enfants quittent l’école pour aller chercher du travail ou pour aider leurs parents.

Le peu d’élèves qui arrivent a terminer leur cycle scolaire de base peinent à trouver leurs places dans la formation professionnelle.

L’articulation avec la scolarisation de base est quasiment absente. Des questions demeurent posées sur la relation entre la F.P et l’enseignement général.

L’orientation vers la F.P et la plinification des flux entre les deux systèmes est dictée davantage par des choix administratifs.

Autre difficulté, réside dans le passage de la F.P au système général longtemps recherché, jamais atteint.

4)  Formation par alternance 

Etant définie, dès qu’il y a un partage des responsabilités et des lieux de formation entre un organisme scolaire et une exploitation, a formation par alternance est un instrument d’un intérêt pédagogique certain, très utilisé pour lutter contre le chomage des jeunes, notamment ceux issus des couches défavorisées.

 Son efficacité semble être démontrée par le taux elevé de l’insertion des jeunes laureats dans la vie active. Toutefois, des interrogations devraient être posées sur bon nombre de ses aspects, particulièrement :

Sa capacité très limitée à pénétrer dans les petites exploitations et entreprises. Elle reste placée sur un marché sélectif.

Les petites et moyennes exploitations, n’ont pas les capacités, naturelles et humaines requises, pour réaliser une formation qualifiante.

  L’exploitation, n’est pas prête à considérer la qualification en situtation réelle de travail comme une de sa mission et de sa fonction.

5)  Le financement 

La source de financement actuelle est constituée essentiellement du BUDGET GENERAL DE L’ETAT. La problématique du financement a toujours revetu un caractère déterminant dans l’évolution du système, soit en termes de ressources, soit en termes de gestion.

6) Quelques Lycées agricoles

LA de Belksiri (Belksiri)  Tél. (0537) 90-62-01

Région 

Gharb-Chrarda-Beni Hssen

Province 

Sidi Kacem

LA de Berkane (Berkane) Tél. (0536) 61-19-23

Région 

l'Oriental

Province 

Berkane

LA de Fquih Ben Salah Tél. (0523) 43-25-35

Région

Tadla-Azilal

Province

Fquih Ben Salah

LA de Jemaâ Shaim (Safi) Tél. (0524) 64-20-90/91

Région

Doukkala-Abda

Province

Safi

LA de Taoujdate (Meknès) Tél. (0535) 44-08-63

Région

Meknès-Tafilalet

Province

Préfecture de Meknès

LA de Témara (Témara) Tél. (0537) 71-11-20

Région

Rabat-Salé-
Zemmour-Zaër

Province

Skhirat-Témara

LA d’Oued Amlil (Taza) Tél. (0535) 27-54-83

Région

Taza-Al Hoceima-Taounate

Province

Taza

LA d’Oulad Teima (Taroudant) Tél. (0528) 52-60-65

Région

Souss-Massa-Draâ

Province

Taroudant

Conclusion :

Le secteur agricole Marocain doit faire face a deux défis majeurs durant les 10 années à venir :

- Mise à niveau de son secteur présumé être moderne et porteur de la valeur ajoutée pour qu’il soit en mesure de relever le défi de compétitivité imposé par les accords de libre échange ;

- L’urgence d’organiser et de préserver la petite payannerie et la culture vivrière (agriculture sociale) pour garantir les besoins alimentaires et lutter contre la pauvreté.

ingénierie de la foramtion doit tenir compte des spécificités de ces deux chantiers pour offrir une formation adaptée aux besoins, tout en gardant à l’esprit que le monde du travail et le secteur de la Formation Professionnelle devraient partager une vision commune.





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