Syrie : Agriculture et formation Agricole



L'Agriculture et la formation Agricole en Syrie

Dr. Hussein AL MOHAMMAD, Faculté d'Agriculture, Université d'Alep (Decembre 2008)
 

L'agriculture est une force de la Syrie, le secteur agricole est un moteur essentiel de la croissance économique du pays, il fournit au pays 30% du PIB (soit 5.1 milliards USD) et occupe un quart de la population active. Depuis les dernières décennies, elle n'a cessé de se transformer et affiche aujourd'hui de bons résultats. La production a augmenté, de nouvelles technologies ont été introduites et le niveau de vie des exploitants agricoles s'est bien amélioré. L'Etat a largement contribué à ce succès. Il a en effet beaucoup investi dans le secteur agricole et a ordonné de nombreuses réformes : développement de l'irrigation, contrôle des productions, fixation des prix, etc… En conséquence, la Syrie est passée pour certaines cultures d'importatrice à exportatrice.

 Le pays réalise des taux de production bien élevés, et cherche à exporter son excédent vers les pays voisins et l'Europe, comme le blé dur (4ème rang mondial), le coton est une culture d'exportation, avec 250.000-275.000 tonnes exportées annuellement, la Syrie occupe le 9ème rang mondial (environ 6 % des exportations du pays). Elle est encore devenue depuis quelques années exportatrice huile d'olive et olives (5ème production mondiale). Légumes (légumes secs, tomates,…) et fruits (raison, oranges, …) occupent une place croissante dans l'agriculture et dans les exportations syriennes.

Aujourd'hui le contrôle de l'Etat est moins fort et laisse plus de place au secteur privé. Toutefois, l'Etat continue de surveiller étroitement les cultures stratégiques comme les céréales, le coton, le sucre, les lentilles, les pois chiches et le tabac qui représentent la moitié de la production en valeur et occupe les trois quarts de la surface cultivée.

Pourtant, Les régions arides et semi arides couvrent plus de 70% du territoire syrien et l'agriculture syrienne est actuellement en face des graves problèmes liés aux ressources insuffisantes en eau et aux aléas climatiques, augmentation de petite propriété agricole et  l'absence de systèmes de formation et de communication efficaces.

Dans le même temps, le secteur agricole est confronté à un double défi: d’augmentation de la production et de mise en œuvre de processus de développement durable, pour éviter le piège de la croissance appauvrissante. De plus, l’évolution du rapport urbain/rural impose aux producteurs une augmentation de la productivité du travail.

Pourtant, La Syrie a besoin de ralentir de l'agriculture intensif et développer le biologique pour une Agriculture durable

L'agriculture intensive est responsable en Syrie d'une gestion de l'eau calamiteuse. Le pompage d'eau à grande échelle entraine de plus en plus la baisse de nappes phréatiques ; des nombreuses rivières sont menacées d'assèchement chaque été. Il faut donc favoriser une agriculture de remplacement moins polluante, plus rentable et développer l'agriculture biologique, qui est l'agriculture durable par excellence. L'Etat cherche les moyens et les possibilités de promouvoir ce type de culture en commençant par l'olivier. Les résultats montrent que, en dépit de certaines contraintes qui entravent le travail, la conversion partielle de ce sous-secteur biologique est possible, en tenant compte des pratiques actuelles, le présent des résultats économiques et adéquate des techniciens et même les agriculteurs niveau d'éducation, leur attitude à l'égard de l'innovation et de la sensibilisation croissante de la protection de l'environnement et la sécurité alimentaire par le gouvernement et d'autres organismes publics. Organic agriculture can contribute to increasing the olive farmers' income, through decreasing costs, because of the relatively low external inputs needs and giving Syrian olive oil good marketing opportunities in the domestic and international markets. L'agriculture biologique peut contribuer à l'accroissement de l'huile d'olive, le revenu des agriculteurs, par le biais de la baisse des coûts, en raison de la faiblesse relative des apports extérieurs besoins et de donner l'huile d'olive syrienne bonnes opportunités de marché dans les marchés nationaux et internationaux.   

Face à l’ensemble de ces nouveaux défis, la formation constitue un facteur clé de la lutte contre le chômage et le sous-emploi générés par la croissance démographique et les gains de productivité dans une économie de plus en plus marchande et ouverte. Elle doit contribuer, en renforçant la maîtrise des compétences, à une meilleure organisation des différents facteurs agricoles et économiques pour un développement rural et pour aider ces acteurs à anticiper les changements et augmenter la valeur ajoutée de l’agriculture.

Nécessité de réformer les appareils éducatifs agricoles et la formation Agricole en Syrie

Définis par l'Etat syrien dans les années soixante, les dispositifs d’éducation et de formation ont été construits pour répondre aux enjeux de l’époque. Les systèmes mis en place se caractérisent par une large place accordée à l’enseignement supérieur en vue de former des ingénieurs, justifiée tant que la fonction publique constituait un débouché mais qui a connu un fort ralentissement à partir des années 1990. Les dispositifs de formation se sont alors révélés d’autant moins adaptés aux besoins de l’économie que les contenus d’enseignement étaient fondés sur des spécialisations correspondant plus aux grandes directions de l’administration agricole qu’à l’analyse des systèmes de production et la demande de marché de travail. En plus, l'appareil éducatif agricole est fragmentée entre plusieurs ministères de tutelle (éducation, agriculture et enseignement supérieure), sans relation institutionnalisée avec la demande professionnel et avec la recherche agronomique, fortement déséquilibrée, au détriment des formations professionnelles des producteurs/trices.

Dans ce contexte, il s’agit aujourd’hui la nécessité de refonder les dispositifs de formation agricole en Syrie. Cette redéfinition retient compte des attentes et des exigences de l’ensemble des acteurs du développement rural. En effet, La formation professionnelle et technique dans le secteur agricole et rural est un élément-clé des stratégies à impulser pour faire face à l’accumulation des enjeux à relever sur une période très courte : augmenter la productivité (des sols, du travail agricole, du capital en agriculture), accélérer la transformation de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture respectueuse de l'environnement, maîtriser la gestion de l’espace rural, assurer la viabilité des structures d’exploitation.

L’enseignement agricole en Syrie est actuellement en phase de restructuration importante pour faire encore face au changement de politique Agricole syrienne d'un coté et d'une exigence internationale (qualité des produits agricole) d'autre coté. Ce changement touche à la fois l'enseignement professionnel au niveau de lycée (BTA), les instituts nationaux des techniciens Agricoles (BTS) et les facultés d'Agriculture (qui ont été passée de 5 à 8 Facultés).

  En effet, l’enseignement agricole en Syrie est caractérisé par une relation modeste avec les entreprises et les milieux professionnels et il est aussi directement lié à la politique agricole du pays conduite par le ministre de l'Agriculture. Pourtant depuis les années soixante dix, le système a réussi à évoluer au rythme des changements des métiers de l’agriculture et de l’agro-industrie, tout en maintenant son objectif de permettre aux jeunes en formation d’élever et d’adapter leurs qualifications afin de favoriser leur insertion professionnelle et sociale.

Le premier cycle général et technologique conduit, par la voie générale au baccalauréat série scientifique ou par la voie technologique au baccalauréat technologique série brevet de technicien agricole BTA. Le cycle supérieur comprend deux types de formation, les sections préparant au brevet de technicien supérieur (BTS) et la deuxième préparent des ingénieurs Agricoles.

L'enseignement supérieur (dépendant au ministre de l'enseignent supérieur), comprend des formations diverses dont la durée et les diplômes sont 5 ans : ingénieur agronome. On compte actuellement dans l'enseignement supérieur, environ 6000 étudiants, sont accueillis dans 25 instituts Agricoles publiques répartis dans tout le territoire syrien, 8000 dans les 8 facultés d'Agriculture et 2000 étudiants en faculté de médecine vétérinaire (une Faculté unique).

Afin d'atteindre les objectifs fixés dans le cadre de la déclaration de Bologne, Une étude a été préparée à la Faculté d'Agriculture, Université d'Alep en étroite coopération avec les autres facultés d'agriculture dans tout le pays, pour une réforme des études agricoles supérieures, dans leur structure et leur contenu. Cette réforme encore appelé –plan stratégique pour l'enseignements Agricoles en Syrie - est concrétisée par l'ouverture dans le future des cursus dont les programmes ont été complètement réaménagés de façon à répondre à ces exigences accrues de lisibilité, de mobilité et de qualité en tenant compte des nouvelles priorités nationales dans le secteur agricole. Le milieu économique syrien a des besoins changeant au cours du temps, fonction de l’évolution de la société. De nouvelles activités apparaissent ou se renforcent ; d’autres se réduisent (voire disparaissent). Cette reforme propose un premier cycle en 4 ans, l'objectif est d'offrir à l'étudiant une formation de base dans la discipline universitaire agricole, permettant l'acquisition de connaissances théoriques et pratique (Savoir, savoir-faire et savoir-être) et  l'étudiant est aussi formé à la réflexion critique. Lors de ces études de premier cycle, une attention toute particulière est apportée aux étudiants de première année. Réussir l'adéquation de l'enseignement agricole avec le marché de travail et le changement incessant dans le milieu professionnel constitue une priorité absolue.

Master en 2 ans  pour approfondir et se spécialiser

                       Sur base des connaissances acquises dans sa formation de base, l'étudiant peut alors se spécialiser dans un domaine de formation et acquérir les compétences spécifiques à l'exercice des professions agricole qui lui seront accessibles. Les domaines d'excellence de l'Université et les formations pédagogiques sont ainsi intégrés dans ce deuxième cycle. Ces formations, enrichies des recherches menées au sein de l'Université et dans les centres de recherche, visent également l'autonomie et la créativité indispensables à l'exercice des responsabilités professionnelles qui attendent l'étudiant.

Une difficile adaptation des formations agronomiques et agroalimentaires face aux besoins changeant du milieu économique

 Affirmation qui, sous forme d’interrogation résulte d’une série de constats :

  1. Les activités de formation de l’université doivent préparer du mieux possible les futurs ingénieurs à remplir les fonctions offertes par le milieu économique.
  2. L’Etat, qui finance les formations universitaires serait en droit de vérifier l’adéquation de celles-ci avec la possibilité de trouver un emploi et l’adéquation pour une efficacité dans des délais courts.
  3. Le milieu économique syrien a des besoins changeant au cours du temps, fonction de l’évolution de la société, l'industrie agroalimentaire et autre.
  4. L’adaptation des formations agronomiques et agroalimentaires est un processus inéluctable : renforcer les stages en entreprises, effectuer les mémoires de fin d’études dans le milieu économique et présentation d’un parcours professionnel…

Une coopération universitaire fructueuse pour promouvoir cette reforme:

Cette coopération a aboutit à la mise en place de formations d'étude supérieure qualitatives en coopération avec des partenaires français et européens:

 Un master « la biotechnologie appliquée à l'agriculture » a été créé grâce à un partenariat entre l'Agrocampus de Rennes, Université de Gent et l'Université de Damas et Alep. Ce diplôme a fait l'objet d'un soutien financier du programme européen Tempus.

 Un master « Sécurité de qualité alimentaire » a été créé grâce à un partenariat entre l'Agrocampus de Rennes, Université de Gent et l'Université d'Alep. Ce diplôme fait l'objet d'un soutien financier de l'ambassade française à Damas.

 Un master « management-sécurité-environnement » a été créé par les Universités de Poitiers et de Damas. Cinq promotions ont été diplômées depuis 2003. Les débouchés de ce nouveau diplôme semblent excellents.




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Réseau Agroécologique du Cirad

Depuis plus de vingt cinq ans, le Cirad et ses partenaires développent des solutions alternatives aux systèmes de culture conventionnels dans les pays du sud car l'agriculture basée sur le labour butte à répondre aux principaux challenges en matière de conservation de l'eau et des sols, de protection de l'environnement, de sécurité alimentaire, de réduction des coûts, etc.



Mediterra 2014

Le CIHEAM annonce la parution de l’édition 2014 de Mediterra « Logistique et commerce agro-alimentaires, un défi pour la Méditerranée »






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