Tunisie : Enseignement Supérieur Agricole



L'Enseignement Supérieur Agricole en Tunise

par Lotfi RABOUDI,  Enseignant universitaire & sous-directeur des études et de la réforme des programmes d’enseignement – Institution de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Agricoles (IRESA) – Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement – Tunisie.

 Introduction

 Dès l'avènement de l'indépendance, un effort considérable a été  consenti  en vue du développement et de la modernisation du secteur agricole. Un  système d'éducation agricole allant de la formation d'ouvriers à celle d'ingénieurs  polyvalents a été progressivement installé durant la première décennie (1960-1969).

A partir de 1970, il s'est avéré nécessaire de repenser le système éducatif agricole en vue de répondre à une agriculture de plus en plus spécialisée et diversifiée. Ceci s’est traduit par 1'existence d'un système de formation à 3 niveaux (la formation professionnelle, l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur : formation de techniciens supérieurs, d'ingénieurs et de médecins vétérinaires). L'enseignement supérieur agricole était dispensé dans des écoles ou instituts supérieurs.

Jusqu'à la fin de l'année académique 1985-1986, l'enseignement supérieur agricole était placé sous la tutelle du Ministère de l'Agriculture. Suite à la création de 3 universités rattachées au Ministère de l'Education, de l'Enseignement et de la Recherche Scientifique, les établissements d'enseignement supérieur agricole relevaient désormais de la tutelle de deux Ministères (le Ministère de l'Education, de l'Enseignement et de la Recherche Scientifique et le Ministère de l'Agriculture). Cette cotutelle s'exerce notamment au niveau de la définition des objectifs de formation, de l'élaboration des programmes et cursus universitaire, de l'élaboration des textes réglementaires relatifs à la formation, etc.

En 1990, a été créé l'Institution de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur Agricoles (IRESA) qui est un Etablissement Public à caractère Administratif doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière. L’IRESA est chargée de la réforme, du suivi et de l’évaluation des programmes d’enseignement  dans les 11 établissements d’enseignement rattachés ainsi que l’élaboration et la promotion des programmes de la recherche agricole et leur exécution dans les 5 instituts de recherche rattachés et ce dans le cadre de la politique générale de l'Etat dans ce domaine. L’IRESA en assure l'évaluation et veille à ce que les établissements de Recherche et d'Enseignement Supérieur Agricoles soient au service de la production agricole et du développement.

Le présent rapport, se fixe pour objectifs de donner un aperçu sur le système de formation supérieure agricole en Tunisie ainsi que sur l’insertion des diplômés.

  1. Le système de formation supérieure agricole

1-1  Formation initiale

La formation dans les 11 Etablissements d'Enseignement Supérieur Agricole rattachés à 4 universités, comporte différents cycles de formation :

-   cycle préparatoire en Biologie-Géologie (durée deux années),

-   cycle de formation des techniciens supérieurs et licence appliquée LMD (trois années après le baccalauréat),

-   cycle de formation de l'Ingénieur National (trois années suite à la réussite au concours national sanctionnant les études préparatoires),

-   cycle de Mastère et de Doctorat (après les études d'ingénieur et après étude du dossier du candidat),

-   cycle de formation des vétérinaires (suite à un concours national ouvert aux étudiants ayant réussi la première année préparatoire Biologie-Géologie). Les études durent cinq années pour l'obtention du diplôme de Docteur vétérinaire.

Des passerelles existent (concours spécifiques sur dossier) pour le passage du technicien supérieur et licence appliquée  à la première année des études d'ingénieur (en fonction de la capacité d'accueil des établissements) ou en deuxième année cycle ingénieur pour les étudiants disposant d'une maîtrise scientifique. .

La figure ci-dessous illustre les différents parcours de formation possibles dans les différents établissements de l'enseignement supérieur agricole.

 

1-2 Les spécialités

La formation dans les établissements d'enseignement supérieur agricole couvre de nombreuses spécialités : production végétale, production animale, génie rural, eaux et forêts, pêche et aquaculture, industries agroalimentaires, économie rurale et médecine vétérinaire.

Ces spécialités se divisent elles mêmes en de nombreuses options qui couvrent l'ensemble des domaines de l'agriculture, de la pêche, de l'agro-alimentaire et de la médecine vétérinaire.

A partir de l'année universitaire 2008-2009, des licences appliquées au nombre de 11 sont proposées par les établissements de l'enseignement supérieur agricole concernés par la formation des techniciens supérieurs agricole dans le cadre du système national LMD. La licence appliquée (LA) a ainsi pris la place du cycle de formation du technicien supérieur dont les derniers diplômés ont été délivrés en juin 2010.

La formation pratique occupe une place importante, la plupart des établissements de formation supérieure agricole se trouvent dans des zones rurales et disposent d'une exploitation agricole permettant aux enseignants et aux étudiants de suivre durant toute l'année des activités et des travaux agricoles. Les visites du terrain, les stages ainsi que les projets de fin d'études représentent un complément à la formation théorique nécessaire pour le jeune diplômé qui sera ainsi opérationnel et efficace dés sa sortie de l'établissement de formation.

Les programmes de formation de l'ingénieur ont fait l'objet de discussion au niveau des conseils scientifiques des établissements d'enseignement et ont été approuvés par la Commission de Rénovation des Etudes d'Ingénieur en Tunisie (CREDIT). Les Mastères et les commissions de Doctorats sont habilités par le Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et des Technologie pour des périodes de 3ans et ne sont renouvelés qu'après évaluation.

1-3 Les étudiants 

Les Etablissements d'Enseignement Supérieur Agricole abritent  environ 7000 étudiants ce qui représente près de 2% de l'ensemble des étudiants inscrits dans les différentes universités. Il faut remarquer que le nombre des étudiants dans les Etablissements agricoles a évolué ces dernières années parallèlement au nombre de bacheliers. Il est passé de 5087 étudiants en 2002-2003 à 7045 en 2010-2011.

Chaque année universitaire, environ 1200 nouveaux bacheliers sont orientés vers les établissements d'enseignement supérieur agricole dont environ 500 étudiants vers les années préparatoires des études d'ingénieurs et 700 étudiants vers les cycles de formation des Licences appliquées. Quant au cycle ingénieur, environ 700 étudiants ayant réussi aux concours nationaux d'accès aux écoles d'ingénieurs sont acceptés dans les divers établissements d'enseignement supérieur agricole.

Le nombre de diplômés de l'enseignement supérieur agricole a évolué considérablement ces 14 dernières années de 384 en 1997 à 1506 en 2011. Le taux de réussite dans les établissements d'enseignement supérieur agricole est élevé (97% en moyenne) grâce d'une part aux effectifs limités des étudiants par promotion, à un bon encadrement des étudiants et la présence des disciplines pratiques et techniques dans les programmes de formation.

1-4 Les enseignants

 

Le système de l'enseignement supérieur agricole comprend jusqu’en 2011, 441 intervenants dont 327 enseignants chercheurs (93 «CollègeA» et 234 «CollègeB»), 43 enseignants vétérinaires universitaires et Médecins vétérinaires, 4 chercheurs à plein temps et 29 Ingénieurs et techniciens.

Les enseignants vétérinaires, les chercheurs à plein temps ainsi que les ingénieurs et techniciens agronomes qui représentent 18% de l’ensemble des intervenants donnent à l’enseignement supérieur agricole un caractère professionnel qui permet une meilleure insertion des jeunes diplômés dans le marché de l’emploi.

1-5 Formation continue

La formation continue était présentielle et touchait tous les profils et niveaux techniques des agents en exercice dans le secteur de l'agriculture. Le Ministère de l'Agriculture organisait depuis 1982 des sessions de recyclage au profit des techniciens agricoles et assurait depuis 1979 des cycles de formation continue dans certains établissements d'enseignement supérieur agricole pour les ingénieurs.

Depuis 1985, la formation continue donnait droit à une promotion professionnelle pour tous les fonctionnaires et ouvriers de l'Etat, des collectivités publiques locales, et établissements publics à caractère administratif.

Jusqu'à la fin des années 1970, le système de formation avait fonctionné en vue de satisfaire notamment les besoins de l'administration et des entreprises publiques. A partir des années 1980, ce système s'est orienté de plus en plus vers la formation d'ingénieurs appelés à exercer dans le secteur de la production sans pour autant négliger les besoins de l'administration.

A partir de 2004, a démarré la formation continue à distance ou en ligne pour les agents du ministère de l'agriculture titulaires et dans 3 établissements d’enseignement supérieur agricole pour la promotion des techniciens supérieurs au grade de technicien principal dans les spécialités : Ressources en eau et Production agricole et pour la promotion des ingénieurs au grade d'ingénieurs principaux dans différentes spécialités agronomiques (pêche, horticulture, agro-alimentaire, ressources en eau, conservation des eaux et du sol, forêts, grandes cultures, élevage...).

Les objectifs de cette formation se résument en la participation au développement des compétences, permettre à un plus grand nombre de candidats de poursuivre ce cycle de formation tout en restant à la disposition de leur administration de tutelle, utiliser les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) dans la formation des candidats

1-6 La coopération internationale

La Sous Direction de la Coopération Internationale est chargée de la coordination et de la supervision des programmes de coopération scientifique bilatérale et multilatérale de l’IRESA et des établissements qui en relèvent.

En effet, L'IRESA entretient des liens bilatéraux importants avec les pays de l'UMA (Maroc, Algérie, Libye et Mauritanie), l'Egypte, la Jordanie, la Syrie, l'Arabie Saoudite, qu'avec la France, l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, la Suède, l'Espagne, le Portugal, la Grèce, La Hollande, la Suisse, la Turquie, les Etats Unis d'Amérique, le Canada le Royaume Uni, le Japon, la Corée, la Chine …..

La coopération française particulièrement s’est concrétisée dans le domaine de l’enseignement supérieur agricole par :

Ä Des accords-cadres avec un ensemble d’établissements français pour échange (enseignants, étudiants et même agriculteurs de la région) qui s’est concrétisé dans certains cas par des conventions spécifiques,

Ä Des conventions de cotutelle de thèse de doctorats en vue de la double diplômation particulièrement entre 2 instituts et 1 école d’enseignement supérieur agricole Tunisiens et certaines universités françaises (14 conventions au total durant l’année 2009-2010)

D’un autre côté, L'IRESA utilise toutes les possibilités offertes pour permettre aux enseignants-chercheurs de bénéficier d'une formation ou d'un stage ayant un rapport avec les thèmes de recherches prioritaires en agriculture.

Par ailleurs une dizaine de bourses nationales sont octroyées chaque année aux lauréats des établissements agricoles pour poursuivre leurs études de Master et de Doctorat à l'étranger. Des bourses sont également accordées aux étudiants pour poursuivre leurs études dans différentes spécialités dans l'un des établissements du Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes CIHEAM : (IAM Montpellier, IAM Saragosse en Espagne, IAM Bari en Italie et IAM Chania en Grèce).

Divers autres possibilités existent pour les diplômés désireux de poursuivre leurs études à l'étrange (bourses d’alternance, bourses AVEROES, etc.).


   2  Insertion professionnelle des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur agricole

2-1 Situation actuelle

Des statistiques réalisées par le Ministère de l'emploi et de l'insertion professionnelle des jeunes ont montré que le chômage en Tunisie affecte de plus en plus les personnes ayant un niveau d´éducation supérieur et cela est principalement dû à leur nombre croissant

Dans ce contexte, le Ministère de l'emploi et de l'insertion professionnelle des jeunes, en collaboration avec la Banque mondiale, a réalisé une première enquête en Mars2008 auprès des jeunes diplômés de 2005 (3ans après le diplôme) et une seconde enquête en Janvier 2010 (5ans après le diplôme) pour tenter de comprendre les mécanismes de leur insertion dans le marché du travail. Cette enquête s’est articulée autour de trois axes :

  • L’analyse de la situation des jeunes au regard de l’emploi et du chômage au moment de l’enquête et à l’adéquation entre qualifications et emploi.
  • Les parcours professionnels de jeunes au cours de la période séparant la date de l’enquête et celle de l’obtention d’un diplôme.
  • les types de parcours professionnels, la situation face à l’emploi puis au chômage, ainsi que leurs déterminants respectifs.

Les résultats des enquêtes ont montré que :

  • 46% des jeunes actifs n’avaient pas un emploi 18 mois après l’obtention du diplôme.
  • Les maîtrisards et les  techniciens supérieurs représentent 90% des diplômés
  • Près de 50% des techniciens supérieurs et maîtrisards sont au chômage.
  • La proportion des chômeurs chez les ingénieurs est de 10%, soit la proportion la plus faible de tous les diplômes/spécialités. 
  • Les jeunes filles représentent 57% de l’ensemble de diplômés, contre 43 % pour les garçons.
  • 51% des hommes sont employés contre 38% des femmes.

Une étude réalisée en 2010 par le Bureau National des Emplois et des Qualifications (BNEQ) sur l’insertion des Ingénieurs Agronomes de 2007 (3ans après le diplôme) dans la vie active a permis de conclure que :

  • En 2007, les ingénieurs diplômés des établissements d’enseignement supérieur agricole représentaient 18.5% de l’ensemble des ingénieurs sortis des autres établissements.
  • La discipline Agronomie attire autant de femmes (57% de diplômées en 2007) que d’hommes (43% de diplômés en 2007).
  • 3ans après l’obtention du diplôme (2010), 54% des diplômés sont occupés contre 24% à la recherche d’un emploi et 22% Inactifs (dont 16% poursuivent des études).
  • Le taux global d’emploi total (SIVP inclus (15%)) des ingénieurs agronomes estimé à 54% en 2007 est plus important chez les hommes (72%) que chez les femmes (39%) dans toutes les filières de formation. La différence entre les taux d’emploi hommes et femmes va du simple au double selon les filières. 
  • Le travail salarié est prévalent chez les ingénieurs des filières enregistrant les proportions de chômage les plus faibles.
  • L’emploi salarié représente plus de 90% de l’emploi total. Le secteur privé constitue le principal employeur (76%) et recrute 80% d’hommes et 69% de femmes.  Le secteur public quant à lui, emploie 24% des sortants 2007 dont 20% sont des hommes et 31% des femmes (tendances inversées par rapport au secteur public).
  • L’ingénieur agronome met en moyenne plus d’une année et demie pour pouvoir accéder à un premier emploi. Les femmes mettent plus de temps (presque 2ans) que les hommes (un peu plus qu’une année).
  • L’analyse de l’adéquation Formation-Emploi montre qu’après 3ans de vie active, 71% des emplois sont en adéquation avec la formation d’ingénieur agronome. Ce taux est plus important chez les hommes (76%) que chez les femmes (63%).
  • L’inadéquation par rapport au diplôme (déclassement) semble être plus importante chez les femmes (35%) et l’inadéquation avec la spécialité touche 30% des femmes et 16% d’hommes.
  • Le taux de chômage des ingénieurs agronomes de 2007 a atteint 31% trois ans après l’obtention du diplôme. Ce taux était de 19% en 2004, trois ans et demi après l’obtention du diplôme. Le chômage affecte beaucoup plus les femmes (43%) que les hommes (19%).
  • Un peu plus que le quart des ingénieurs diplômés en 2007 débutent leur vie active par un emploi contre 18% qui débutent par une période de chômage qui dépasse 1an.
  • Après la période de chômage, 68% des hommes réussissent à trouver un emploi contre 39% pour les femmes tandis que 25% des femmes continue à chômer contre 7% des hommes.
  • Pour échapper au chômage, 35% des femmes et 24% des hommes poursuivent leurs études ou suivent une formation.

Un projet TEMPUS-IDESA sur l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur agricole a permis de tirer les conclusions suivantes :

  • L’enseignement supérieur agricole est appelé à jouer les premiers rôles en faisant de l’insertion professionnelle des diplômés, l’une de ses priorités et ce en :
  • En révisant les programmes de formation en vue d’améliorer l’employabilité des diplômés,
  • En créant au sein des établissements de formation des structures d’intégration des diplômés et d’établissement de relations avec le marché de l’emploi.
  • Professionnaliser les parcours de formation en révisant les programmes actuels des stages et en insérant des unités d’enseignement qui favorisent une employabilité meilleure des diplômés,
  • Inciter les directeurs des établissements à créer les associations des anciens sortants des établissements agricoles et la définir leurs fonctions,
  • Créer une cellule d’insertion au sein de chaque établissement de formation ayant pour rôle principal la liaison avec les différentes parties impliquées dans l’insertion (agences, institutions, autorités, etc.).

2-2 Mesures prises pour améliorer l’insertion des diplômés

Suite à la saturation du secteur public, d’une part et à l’échec des mesures prises en matière de promotion de l’emploi et d’insertion des diplômés, le Ministère de l’Agriculture a pris un ensemble  de mesures destinées à :

  • Encourager l'emploi des diplômés dans le secteur productif en général, et plus particulièrement dans les entreprises privées,
  • Faciliter leur installation en qualité d'exploitants agricoles, travaillant pour leur propre compte (création d'une entreprise, lots techniciens, etc.).

 

La création d'entreprise par les jeunes diplômés est une alternative intéressante. Les établissements de l'enseignement supérieur essayent de favoriser et de développer l'esprit entrepreneurial chez les étudiants (cours et conférences d'entrepreneuriat et de création d'entreprise, club de  création d'entreprise, pépinières d'entreprises…). L'Etat de son côté a mis au point un ensemble de mécanismes pour encourager la création d'entreprises et l'initiative privée par les jeunes diplômés.

Les pépinières d'entreprises gérées en collaboration entre l’IRESA et l'Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA) et présentes dans 10 établissements d'enseignement supérieur et 5 instituts de recherche en 2011, constituent des espaces d’accueil assurant des locaux, des soutiens et des services selon les exigences des projets en cours de création ou récemment crées et offrent un environnement propice à l'encadrement et l'accompagnement des promoteurs à travers les différentes phases depuis l'élaboration du plan d'affaires jusqu'au financement bancaire et durant l'installation du projet et l'entrée en phase de production et de développement.

La création des pépinières d’entreprises dans l’agriculture, la pêche, les services liés à ces secteurs ainsi que les activités de première transformation des produits de l’agriculture et de la pêche vise:

-       l’incitation à l'investissement privé dans le domaine de l’agriculture et de la pêche,

-       l'encouragement de la création des projets innovants, ainsi que la valorisation des résultats de la recherche scientifique,

-       la garantie de l’hébergement des diplômés de l’enseignement supérieur porteurs d’idées innovatrices et l'accompagnement des promoteurs depuis l'idée de projet jusqu’à sa création,

-       le rajeunissement du secteur agricole et la création d'une nouvelle génération d’entreprises durables,

-       l'encouragement de la création d’entreprises privées et la motivation des jeunes diplômés de l'enseignement supérieur à s’installer pour leurs propres comptes,

-       l'ouverture des établissements de l’enseignement supérieur sur le milieu professionnel.

        Afin de faciliter le financement, les pépinières d'entreprises agricoles ont conclu des conventions avec des institutions bancaires nationales. Ces conventions visent à assurer le financement des projets encadrés et soutenus par les pépinières d'entreprises.

3.    Les propositions

 3-1 Concernant la formation

  • Elaborer des programmes adaptés à l’évolution des besoins sociaux et économiques du pays. Cela implique de mettre en place des partenariats pour resserrer les liens avec le monde du travail et aider à réduire le décalage entre l’offre et la demande en ce qui concerne les compétences. Le chômage des diplômés, bien qu’influencé par des tendances économiques plus larges, exige une réévaluation des programmes d’étude en fonction des futurs domaines de croissance et des besoins des pays en matière de développement.
  • Aider à la formation des enseignants dans le domaine de l’élaboration des cours numériques en vue de la formation à distance des étudiants,
  • Favoriser l’éducation pour l’emploi : (programmes de formation efficaces favorisant le développement de la main-d'œuvre pour le secteur privé,
  • Éducation et formation pour favoriser  des compétences correspondant aux besoins du marché du travail sont indispensables pour entrer et rester sur le marché de l’emploi.
  • Une étroite coopération avec les entreprises peut permettre d’améliorer la pertinence de l’enseignement et de la formation vis-à-vis du monde du travail.
  • Disposer d’informations sur les compétences recherchées par les entreprises pour choisir des programmes d’enseignement et de formation et des emplois adéquats.
  • La meilleure façon d’enseigner serait de combiner le E-Learning avec l’enseignement présentiel. Ce dernier s’appelle le Blended Learning  où on retrouve plusieurs séquences en présentiel avec des séquences d’apprentissage à distance.
  • Pour relever le défi de l’employabilité, les liens entre l’enseignement et la formation professionnels et l’enseignement supérieur doivent devenir de plus en plus importants dans un contexte d’apprentissage tout au long de la vie.
  • Développer la cotutelle et la double diplômation des thèses de doctorat ainsi que les échanges entre les écoles doctorales francophones et tunisiennes,
  • Instaurer la double diplômation dans les cycles de formation : Masters de recherche et professionnels, études d’ingénieur pour des spécialités qui intéressent les deux parties,
  • Les stratégies de l’apprentissage tout au long de la vie doivent combler l'écart entre les besoins immédiats ou à court terme des entreprises en matière de connaissance et de compétences d'une part, et la nécessité de disposer d'une main d'œuvre ayant des compétences transversales et un état d'esprit permettant de faire face aux futurs changements relatifs aux profils de postes et  à l'organisation du travail d'autre part.
  • L'apprentissage tout au long de la vie devrait promouvoir "l'employabilité à vie" au lieu d'offrir une seule formation censée permettre de conserver un "emploi à vie". Les travailleurs doivent avoir la possibilité d’actualiser leurs connaissances, qualifications et compétences et d’en développer de nouvelles à différents stades de leur vie professionnelle.
  • Les TIC et le multimédia sont en train de transformer radicalement l’organisation de l’apprentissage, en offrant de nouveaux outils et de nouvelles méthodologies et en encourageant les formateurs à élargir leur rôle pour devenir des tuteurs et des accompagnateurs (au sens anglais de "coach", entraîneur).

3-2 Concernant l’emploi

  • L'apprentissage tout au long de la vie devrait promouvoir "l'employabilité à vie" au lieu d'offrir une seule formation censée permettre de conserver un "emploi à vie".
  • Soutenir le fonctionnement des pépinières d’entreprises et appui à l’instauration de la culture entrepreneuriale chez les étudiants,
  • L’éducation et la formation initiales fournissent des compétences de base sur lesquelles pourront s’appuyer des apprentissages ultérieurs. Les connaissances et les compétences que les personnes acquièrent peuvent les aider à entrer sur le marché du travail et aussi à s’adapter à de nouvelles exigences, de nouvelles méthodes de travail etc.
  • Le développement des compétences doit s’inscrire dans le cadre de la flexicurité. La flexicurité établit un compromis entre la flexibilité et la sécurité sur le marché du travail et aide à la fois les employés et les employeurs à saisir les opportunités qu’offre la mondialisation.

Conclusion

Pour une meilleure efficacité des programmes de l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur agricole tunisiens dans le marché de l’emploi, une formation favorisant le développement de compétences correspondant aux besoins du marché de l’emploi est indispensable.

Cette formation doit permettre le développement d’une l’agriculture ayant pour objectif principal la sécurité alimentaire compte tenu des priorités nationales (développement régional), des conditions socio-économiques, des conditions climatiques et exige une réévaluation des programmes d’étude en fonction des futurs domaines de croissance et des besoins des pays en matière de développement.

La révision des programmes d’études doit se faire en collaboration avec la profession. En effet, le chômage en Tunisie est une conséquence de la saturation du secteur public et une employabilité faible du secteur privé. Ce dernier demande souvent des compétences qui ne sont pas disponibles sur le marché de l’emploi.

Dans l’objectif de réduire l’écart entre l’offre et la demande en compétences,  une mise à niveau sur le plan matériel et une restructuration des établissements d’enseignement supérieur agricole sont nécessaires, l’introduction des TIC dans l’enseignement initial ainsi que la formation tout au long de la vie sont les clés de la réussite de tout système d’enseignement / formation qui se veut flexible et qui s’adapte aux progrès technologiques.




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